Selon la dernière édition de l’Ipsos AI Monitor, publiée le 2 juin dernier, menée dans 32 pays auprès de plus de 23 500 personnes, 54 % des répondants estiment que l’Intelligence Artificielle (IA) a déjà changé leur vie au cours des 3 à 5 dernières années. Ils sont 66 % à estimer que l’impact progressera encore dans les prochaines années.
Près d’une personne sur deux (49 %) considère que les bénéfices potentiels de l’IA pour la société sont supérieurs à ses coûts environnementaux.
Aux États-Unis, la part des utilisateurs fréquents est passée de 17 % à 24 %, tandis que celle des personnes n’utilisant jamais ces outils a reculé de 26 % à 17 %.
Dans les entreprises, 50 % des salariés déclarent voir l’IA utilisée sur leur lieu de travail, contre 38 % un an plus tôt. La présence des outils d’analyse de données est passée de 32 % à 41 %, et celle des générateurs d’images de 25 % à 33 %.
Aux États-Unis, 44 % des adultes estiment que l’IA les rend plus productifs et 67 % considèrent qu’elle permet d’économiser du temps et des ressources. Pourtant, son usage reste loin d’être généralisé : 38 % des salariés n’utilisent toujours pas l’IA au travail. Cette proportion varie fortement selon l’âge : 26 % chez les moins de 35 ans, contre 59 % chez les plus de 55 ans.
L’enthousiasme suscité par l’IA n’évolue pas partout dans le même sens
Entre 2025 et 2026, la proportion de personnes se disant enthousiastes à l’égard des produits et services utilisant l’IA a progressé de :
– 7 points en Afrique du Sud,
– 5 points en Corée du Sud,
– 4 points en Belgique et de 3 points en Colombie,
– 2 points en Irlande, en Espagne et au Japon.
À l’inverse, l’enthousiasme recule :
– de 8 points en Allemagne et au Royaume-Uni,
– de 7 points en France, de 6 points au Chili, en Malaisie et à Singapour,
-et de 5 points aux États-Unis, au Brésil, au Canada, aux Pays-Bas et en Pologne.
Un forte perceptions des risques
Aux États-Unis, 66 % des personnes interrogées estiment que le développement de l’IA va trop vite, même si 76 % considèrent qu’il faut s’adapter à ces évolutions.
Près de trois Américains sur quatre souhaitent que le gouvernement intervienne pour limiter les destructions d’emplois liées à l’IA.
Seuls 40 % estiment que ses bénéfices l’emportent sur les risques de pertes d’emplois, tandis qu’environ 50 % pensent qu’elle accentuera les inégalités de revenus et la polarisation de la société.
Une confiance fragile
Seule une personne sur dix estime qu’aucune régulation n’est nécessaire, tandis que seuls 11 % des professionnels de la communication jugent les règles éthiques actuelles suffisantes.
Les infrastructures nécessaires à son développement sont elles aussi accueillies avec réserve : seulement 27 % des Américains considèrent que les centres de données liés à l’IA contribueront significativement à la croissance économique et à l’emploi.
Les écarts générationnels demeurent importants
Près de 50 % des Américains de moins de 29 ans font confiance à l’IA pour des conseils financiers, alors que les générations plus âgées se montrent beaucoup plus prudentes. 27 % des membres de la génération Z accepteraient qu’un agent d’IA réalise des achats à leur place, contre seulement 4 % des générations X et des baby-boomers.
Enfin, les contenus produits par des humains restent très largement privilégiés
Environ 75 % des Américains souhaitent que les contenus d’information et de divertissement soient créés par des humains, et près des deux tiers expriment la même préférence pour les contenus artistiques et publicitaires.
Principaux chiffres de l’Ipsos AI Monitor 2026
| Indicateur | Résultat |
|---|---|
| Personnes estimant que l’IA a déjà changé leur vie (32 pays) | 54 % |
| Personnes anticipant un impact plus important à l’avenir | 66 % |
| Bénéfices jugés supérieurs aux coûts environnementaux | 49 % |
| Utilisateurs fréquents de l’IA aux États-Unis | 24 % |
| Personnes n’utilisant jamais l’IA | 17 % |
| Salariés voyant ChatGPT utilisé dans leur entreprise | 50 % |
| Adultes se jugeant plus productifs grâce à l’IA | 44 % |
| Personnes estimant que l’IA fait gagner du temps | 67 % |
| Salariés ne l’utilisant pas au travail | 38 % |
| Plus de 55 ans n’utilisant pas l’IA au travail | 59 % |
| Moins de 35 ans n’utilisant pas l’IA au travail | 26 % |
| Personnes jugeant le rythme de développement trop rapide | 66 % |
| Personnes estimant qu’il faut s’adapter à l’IA | 76 % |
| Bénéfices supérieurs aux risques sur l’emploi | 40 % |
| Personnes craignant davantage d’inégalités | 50 % |
| Communicants jugeant les règles éthiques suffisantes | 11 % |
| Impact économique positif des centres de données IA | 27 % |
| Préférence pour des contenus d’information créés par des humains | 75 % |
| Progression de l’enthousiasme en Afrique du Sud | +7 points |
| Recul de l’enthousiasme en France | −7 points |
| Recul de l’enthousiasme en Allemagne et au Royaume-Uni | −8 points |
Sources :
– Attitudes mondiales sur l’IA 2026 | Ipsos
– IA : Points clés, données et tableaux | Ipsos
